Circuit logistique du kérosène à l’aéroport de Dakar

4 juin 2012

Circuit logistique du kérosène à l’aéroport de Dakar

A l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar, la société qui assure le ravitaillement des avions en carburant dispose d’un dépôt d’une sécurité digne d’une base militaire américaine. Au détour d’une visite guidée en compagnie du responsable de la sécurité, j’ai pu étudier toute la logistique du kérosène, de la réception au ravitaillement en passant par le stockage dans les cuves. Au passage, je rappelle que c’est le physicien et géologue canadien Abraham Gesner qui est considéré comme le premier à obtenir ce combustible à partir du charbon. Par suite le produit a été dérivé du pétrole  et reste le principal carburant en aéronautique. A rappeler aussi qu’il existe plusieurs types de kérosène que sont le Jet A, le Jet A1(qui est plus répandu), le Jet B…

 

 

Réception

 

Tout commence avec l’arrivée des camions dans le dépôt. Après les vérifications des documents de transport, ces citernes de 40 000 litres de kérosène sont acheminés dans la zone de déchargement.

Le dépôt peut réceptionner jusqu’à plus 20 citernes par jour. Avant toute opération de dépotage, l’opérateur est tenu de vérifier la qualité du kérosène et prendre quelques précautions de sécurité. Première consigne : relier le fil de masse au camion afin d’éliminer l’électricité statique. Il explique que « Lorsque le camion arrive, il emmagasine de l’électricité statique sur les parois. Il faut brancher le fil de masse pour l’évacuer. Sinon, il se produit des étincelles qui peuvent faire exploser le camion. »

En effet, le kérosène est un liquide hautement inflammable. Au contact de l’air, il suffit d’une petite étincelle pour qu’un feu se déclenche.

 

Pour vérifier la qualité du combustible, la réceptionnaire prend un échantillon du liquide afin de déterminer sa densité à la température ambiante. Il s’assure également que le produit ne contient ni impureté ni eau grâce à une sorte de pastille appelée Water Detect. Ce n’est qu’après ces opérations que commence le dépotage. Les tuyaux sont raccordés aux citernes et le liquide est transféré dans d’énormes cuves.

Le Jet est stocké dans 2 réservoirs de plus de 1000 mètres cubes et 4 cuves enterrées mais n’y reste pas longtemps grâce à la forte demande des avions. Pour les commandes, la société d’une équipe qui se charge de réaliser le planning sur les avions avec leurs numéros de vol, emplacements…

 

Ravitaillement

 

Le ravitaillement se fait sur la piste de l’aéroport grâce à un petit oléoduc souterrain qui achemine le carburant. Mais il passe, auparavant, par une série de filtres qui apurent davantage le Jet.

Une fois  sur le tarmac,c’est un camion spécial dénommé servisaire qui permet de raccorder l’oléoduc aux  réservoirs de l’avion. Là également, les procédures de sécurité et de qualité sont de rigueur. L’électricité statique est annulée et la qualité du carburant vérifiée à nouveau.

L’opérateur doit veiller sur le débit et la pression du kérosène lors du remplissage des réservoirs de l’avion. En effet, si elle trop forte, il peut y avoir explosion.

La machinerie très précise utilisée, la nature du produit manipulé et le milieu danslequel elle évolue (aéroport) font que la société ne badine pas avec les règles et procédures de sécurité. Les oprérateurs sont tenus de les respecter  à la lettre. La moindre négligence ou la  moindre erreur peut être fatale. C’est dire dans la logistique des hydrocarbures, la sécurité et la qualité passent avant tout.

 

Arouna BA

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